Mots clés

#Islam politique #Dialogues interreligieux #Islam et modernité #Islamologie #Religions comparées

Pour en finir avec l’exception islamique

Mohamed Cherif Ferjani

Détails de la publication

ISBN
978-9938-94-011-4
Maison d'édition
Collection
Essais
Date de publication
2017
Nombre des pages
250
Langue
Français
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Préface

Pourquoi aborder la question d’apostasie alors qu’il n’y a pas de contrainte en matière de religion en Islam? Pourquoi analyser les positions des Ulémas et des penseurs alors que la liberté religieuse et individuelle est respectée dans les sociétés islamiques? Mais du moment où les musulmans ne partagent pas la même définition de la liberté religieuse et que le discours d’anathème a fait son appariation après le «printemps Arabe», nous avons jugé que la question de l’apostasie nécessite une re lecture des textes religieux afin de présenter quelques éléments de réponse . Certes la liberté religieuse a été fondée sur la tolérance et la dé fense des droits des minorités, mais aujourd’hui la question de la liberté religieuse se pose à un niveau politique: reconnaissance de la pleine citoyenneté, respect de la constitution et principe du vivre ensemble. Malgré, les processus d’individuation et de sécularisation, la modernisation des législations et les efforts des activistes pour instaurer la culture du vivre ensemble, il est toujours dangereux d’afficher publiquement un changement de religion ou une atti tude athée. Avec une dérive dans tous les pays islamiques vers le conserva tisme islamique, la situation de la liberté et du pluralisme reli gieux est de plus en plus inquiétante. En 2015, Le tribunal saou dien de première instance de la ville d’Abha a condamné à mort le poète palestinien pour apostasie. (notons qu’en Arabie Saou 5 dite, l’apostasie est sanctionnée par la peine capitale.) En 2015, 153 personnes ont été exécutées dans le royaume ,58 personnes ont été exécutées depuis le début 2016, dont 47 le 2 janvier. Au Maroc, dans la ville de Laâyoune, le 28 avril 2015 quatre membres d’une cellule terroriste avaient «émis une fatwa» auto risant de «brûler vif» une de leurs connaissances qu’ils accusaient d’ «apostasie». L’enquête a révélé «l’adhésion totale» de la cellule démantelée avec le groupe ‘État islamique’. Dans une vidéo publiée le 16 mai 2003 sur youtube, le prédi cateur marocain Abdelhamid Abou naïm déclarant qu’Ahmed Assida, le chercheur amazigh et militant laïque était un «kafir», il convenait de le tuer, car il était sorti de la communauté mu sulmane et de ses principes. Dans une autre vidéo postée sur YouTube, le 22 juillet 2013 Abou naïm a déclaré que le premier secrétaire de l’USFP Lachgar était apostat parce qu’ il avait pro posé de pénaliser la polygamie et appelé à la révision de la loi sur l’héritage et à l’instauration de l’égalité homme femme. En 2014 et avec l’établissement du califat, toute la jurisprudence islamique reprend soudain vie. Dans le but de purifier la société, l’état Islamique déclare la guerre aux apostats. Des exécutions de masse sont organisées à quelques semaines d’intervalle. En revanche, les chrétiens qui ne résistent pas au nouveau pouvoir échappent à l’exécution automatique. Abou Bakr Al-Baghdadi les laisse vivre tant qu’ils paient un impôt spécial, appelé jizya, et qu’ils se soumettent. Tous ces exemples montrent que le débat autour de la liberté religieuse n ‘est pas clos. Amel GRAMI Tunis le 5-12-2017

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