Le 31 mars 2006, j’ai franchi pour la première fois la frontière méridionale de la Méditerranée. Depuis très longtemps, je m’efforçais d’imaginer cette terre d’Afrique, de saisir ses couleurs et ses odeurs, de peindre mentalement ses paysages, d’en comprendre l’histoire. Enfin, j’y étais.
Je me souviens de la lumière qui a frappé mon regard à la sortie de l’aéroport de Tunis-Carthage, de la rencontre avec Fethi N., un collègue de l’Université de Tunis – El Manar, qui est encore aujourd’hui l’un de mes plus chers amis, de mon premier trajet dans sa voiture vers la ville de Tunis, du sentiment, à la fois, d’étrangeté et de confiance qui surgissait soudainement lorsque je croisais le regard d’un passant dans la rue. J’ai tout de suite eu l’impression de ne pas découvrir ce pays : je le redécouvrais !