Ce livre se sert de deux atouts pour souligner, analyser et discuter ses
thèmes principaux. Il s’agit d’un nouveau cadre théorique culturel,
d’une part, et des données empiriques liées aux identités culturelles
des sociétés magrébines, de l’autre. Ce cadre théorique constitue un
paradigme sur lequel les sciences sociales et humaines
contemporaines gardent encore un long silence. Notre paradigme
permettrait d’affirmer que la thèse du livre s’articule à l’appui de la
recherche fondamentale dans le domaine théorique relatif à la
culture en tant qu’une particularité distincte de l’espèce humaine. Le
livre s’attelle à montrer à la fois pourquoi la dimension culturelle est
prioritaire pour l’identité humaine et pourquoi l’aspect culturel chez
les humains n’a pas occupé une place centrale dans l’activité
théorique des sciences sociales et humaines contemporaines.
Cette négligence de l’aspect culturel semblerait généralement
invisible aux spécialistes de ces sciences. Elle pourrait être exprimée
par cette analogie : l’être humain a ceci de commun avec les volcans.
Il est tantôt endormi, tantôt en éruption ; il est mû par des forces
invisibles. Il a ses forces telluriques qu’il faut deviner sans jamais les
avoir. Pour tenter de les comprendre, il faut les observer, les décrire,
capitaliser les connaissances acquises, forger les modèles, imaginer
les théories, sillonner toutes les allées des savoirs et les faire partager.
La modeste ambition de notre paradigme est de fournir des idées
nouvelles pertinentes à l’importance capitale du réseau culturel dans la
construction de l’identité humaine.