C'est en se basant sur la linguistique, la toponymie et les similitudes des noms de lieux et de personnages, que M. Khelifa a pu démontrer, à travers cet ouvrage, que ce sont les populations berbères du Maghreb central qui se sont accaparées les rives du N'il (diminutif de Nath-il: Ceux de la rivière et non les sub-sahariennes ou orientales comme l'ont soutenu certains auteurs.
En s'installant dans cette vallée, ces chasseurs cueilleurs ne se doutaient pas qu'ils allaient être à l'origine de l'une des plus grandes civilisations de l'histoire de l'humanité ainsi que des deux premières religions monothéistes. La sacralité de l'eau dite Amen, en berbère, a été portée à un point tel, que le premier prophète monothéiste, Moise, demandait à ses fidèles de ponctuer ses prières par le mot Amen, lors de la traversée du Sinai.
C'est donc tout un pan de l'histoire de l'Afrique septentrionale qui est revu par l'analyse des toponymes et homonymies entre le monde ber-bère et celui du pays des Mis-Ra (fils de la divinité Ra), appelé Aegyptos, puis Egypte, par déformation de l'antique cité de Gueptou/Coptos, par les Grecs. Cette audacieuse vision de l'histoire remet en cause les affir mations des orientalistes et égyptologues qui ont de tout temps érigé une frontière imaginaire sur les plans ethnique, culturel, linguistique et historique entre l'Egypte antique et le reste de l'Afrique du Nord géographique.