Ceci n’est ni un roman historique, ni une biographie dans le sens générique du terme, ni encore une réelle autobiographie. Il s’agit, en fait, d’une docufiction, un genre que la littérature a emprunté au cinéma et à la télévision, sous le même nom ou sous d’autres dénominations, telles que la fiction documentaire, la narration documentaire, le docuroman ou le documentaire narratif.
Par docufiction, on désigne, au cinéma et à la télévision, un genre «qui part de faits historiques en y incluant d’authentiques documents ou vidéos d’archives»(1), donc «un mélange hybride entre fiction et documentaire. Au documentaire, il emprunte les archives, le témoignage de personnes réelles et la voix off. Pour la fiction nous retrouvons des acteurs, des dialogues, une scénarisation, un décor, de l’émotion, du suspense et de la dramaturgie»(2). Transférée à la littérature, la docufiction est, dans sa définition la plus simple, «un livre qui propose une intégration de textes de fiction et de renseignements documentaires»(3). Dans ce genre littéraire, «la part et le poids du réel et de l’imaginaire sont évidemment relatifs. La question n’est pas tant de comparer ce qui appartient au réel et ce qui relève de la fiction, mais plutôt de savoir si l’imaginaire permet de construire et d’interpréter la réalité du monde évoqué